Etudier un livre exige des étapes qui se font comme en tout apprentissage par paliers ; l’esprit entrainé se passe de désigner les fonctions d’une phrase, il en dispose en sous couche, et à moins d’avoir à présenter à un élève tel texte, c’est le sens qu’il suit et qui anime son dialogue avec le livre.

Celui dont l’esprit ne sait reconnaître et utiliser quasi-automatiquement les données structurées d’un texte, se cantonne le plus souvent à la répétition de quelques vocables. Il ne sait en fait qu’improviser si tant est que cette indigence puisse encore passer pour quelque sympathique création.

La matière grise, pléthorique, qui permet de découvrir un texte jusqu’à l’habiter, est dispersée et son accès confidentiel est coûteux tant en temps qu’en argent. Qui a les moyens de lire, ces livres mineurs devenant parfois majeurs et eux-mêmes sources, qui commentent tel ou tel roman, essai, recueil ou pièce ?

Le pari d’e-traverses est de réunir et d’inciter à réunir les sources éparses qui permettent à un lecteur de s’approprier un texte jusqu’à circuler comme chez soi au sein d’un livre ou même d’une œuvre.

  • D’une part, passer par les divers repérages structurants est une première étape nécessaire pour capter et suivre le fil d’un propos, quelque forme qu’il prenne : ici  la mise en commun des données associées aux mots sous la forme d’annotations, vise à renseigner le plus complètement possible un extrait de texte, puis d’extrait en extrait fusionnés, le texte lui-même, chacun, disposant ainsi d’une source de référence, utilisable pour ses propres usages, apprendre ou transmettre.
  • D’autre part, par le biais de partages en réseau, et d’un travail de recueil des commentaires proposés, il est possible d’associer au texte lui-même dans un même espace physique, les notes, remarques et interprétations de lecteurs avisés, contributeurs. L’ensemble constitue une ressource de référence, utilisable pour tous les usages enseignant ou élève.

Certaines ressources de référence ou parties de ressources de référence sont disponibles gratuitement, d’autres ne le sont que via un abonnement direct, ou dans le cadre d’une solution dédiée.

Les fonctionnalités dont nous disposons permettent de récupérer les annotations formelles renseignées sur toutes les analyses d’un même extrait ou ensemble d’extraits d’un même livre ; nous les vérifions puis les qualifions comme données  structurelles de référence des mots sources. Une analyse munie de toutes ces références exactes peut ainsi  être appelée analyse de référence.

A ce premier étage, s’en ajoute un second, constitué des commentaires partagés en édition par leurs auteurs. Ces partages en édition, s’ils sont validés, font gagner des points aux contributeurs qui sont ainsi mieux référencés, lors de recherches de professeurs par des élèves ayant pris un abonnement annuel d’accompagnement scolaire. Pour la validation, nous tirons partie de la communauté des lecteurs-contributeurs.

L’utilisation d’une ressource de référence, n’implique pas d’afficher les annotations et commentaires associés, mais permet de confronter ses propres annotations aux réponses attendues, et ses notes et commentaires aux commentaires possibles, ce qui ne préjuge d’autres clés et apports de lecture.

Les gains de temps offerts à terme par une telle plate-forme seront immenses, quelque usage qu’on fasse de ces analyses renseignées toujours plus, et la communauté apprenante ainsi générée en réseau, trouvera là une dynamique d’échanges et de rencontres mises au service d’un réel accès au patrimoine commun, de tous ceux qui s’en donneront quelque peine.

Ce qui s’initie ainsi avec e-traverses, c’est bien le passage à une nouvelle étape de l’aventure humaine permise par la digitalisation : la révolution numérique sur ce plan n’est pas simplement le passage du temps de l’imprimerie au temps de la dématérialisation du support, mais permet de réunir en de multiples coopérations et collaborations, ceux qui sont attachés à un livre vivant nourri de ses sources, faisant échos, ramenant ces précieuses ressources dans un espace commun accessible et sans cesse complété. Parier sur la capacité de chacun à lire, lire à cœur, beaucoup mieux qu’à présent, c’est parier pour l’humanité, faite de langues, et sans lesquelles elle n’est en libertés et responsabilités.